De Stendhal, tout le monde
connaît Le rouge et le noir, au moins de réputation. Moins connu en
revanche est Le rose et le vert.
Ce court roman inachevé
rédigé en un mois, peu avant qu'il ne s'attelle à la rédaction de La
chartreuse de Parme, et de publication posthume, conte l'histoire d'une jeune
bourgeoise allemande, Mina de Wanghel, protestante, que la mort inopinée de son
père met à la tête d'une immense fortune.
Eprise de liberté, amoureuse
de l'amour et le cœur encombré de chimères romanesques, cette oie délicieuse a
l'ambition d'être aimée pour elle-même et non pour sa richesse. Mina et sa mère
font courir le bruit de leur ruine. Incognito, elles gagnent Paris et s'offrent
un peu de bon temps.
Curieux petit roman à
l'écriture élégante et glacée, Le rose et le vert est tout entier bâti sur
le rien : le néant des actions, le néant des sentiments. Cette permanence des
états virtuels baigne dans un climat de désengagement et de frivolité profonde.
Seul personnage haut en
couleur qui se détache dans cette odyssée de l'impuissance, un abbé, cauteleux
génie de l'intrigue tacticienne qui soulage les brebis égarées de leurs péchés
et de leurs écus. Mais l'abbé échoue piteusement dans sa tentative de marier
Mina et de la convertir au catholicisme.

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